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Histoire naturelle du cancer (Chapitre 9) Auteurs : V. Costes, S. Guyetant - Mai 2005
1. INTRODUCTION Cette progression tumorale est liée à l'instabilité génétique des cellules cancéreuses. Des modifications génétiques spontanées vont survenir progressivement, avec apparition de variants du clone initial, entraînant une hétérogénéité de la tumeur. Ces clones variants auront des comportements prolifératifs, invasifs, antigéniques, et métastatiques hétérogènes, ou encore une sensibilité inégale à la chimiothérapie. 2. ETATS PRECANCEREUX ET PHASE INITIALE DU CANCER On distingue 2 étapes : les dysplasies et le carcinome in situ. 2.1. Conditions et lésions précancéreuses, notion de dysplasie Les lésions précancéreuses sont des anomalies histopathologiques qui peuvent aboutir à l'apparition d'un cancer (gastrites chroniques...). Certains cancers apparaissent aussi sur des lésions pré-existantes, comme les carcinomes développés sur des cicatrices de brûlure ou des lésions de radiodermite. Une condition précancéreuse est donc distincte d'une lésion précancéreuse. Exemple : la polypose colique familiale est une condition précancéreuse, car cette maladie entraîne un risque important de cancer du colon. Elle se traduit en particulier par la survenue de nombreux adénomes coliques. Ces adénomes comporteront des lésions de dysplasie (lésion précancéreuse). Certaines lésions précancéreuses sont appelées dysplasies. Les dysplasies sont des troubles acquis de la multiplication cellulaire résultant d'anomalies génétiques qui altèrent le contrôle de la prolifération cellulaire, et sont responsables d'anomalies de maturation cellulaire. Les dysplasies ne sont décrites que dans les épithéliums (col utérin, tube digestif, voies aériennes, glande mammaire, voies urinaires...) et sont des lésions précancéreuses car les cellules dysplasiques peuvent, inconstamment et dans un délai très variable, se transformer en cellules cancéreuses par accumulation d'autres anomalies génétiques. NB : le terme de "dysplasie" a un deuxième sens, plus près de son étymologie ( dys / anomalie ; platein / construire)(cf chap 5). Il désigne toute lésion résultant d'une anomalie du développement d'un tissu, d'un organe ou d'une partie de l'organisme (par exemple, dysplasie rénale, dysplasie dentaire). Il est également utilisé pour désigner certaines maladies constitutionnelles rares, à caractère malformatif plus ou moins manifeste (exemple : dysplasie fibreuse des os). Des états dysplasiques peuvent survenir : Caractères microscopiques des dysplasies L'état dysplasique peut être diagnostiqué par l'examen anatomo-pathologique, cytologique et/ou histologique :
adénome colique (fig9.12) Ces anomalies microscopiques sont plus ou moins intenses, et ceci est la base de la notion de grade : l'anatomo-pathologiste doit non seulement reconnaître une dysplasie mais doit indiquer son grade c'est-à-dire son intensité. En règle, plus la dysplasie est marquée, plus le risque de transformation en cancer à plus ou moins court terme est élevé. Le grade a donc pour but de proposer un pronostic pour guider l'attitude thérapeutique. Différentes terminologies sont employées pour qualifier les différents grades de dysplasie : 2.2. Le carcinome in situ (CIS) 2.2.1. Définition A ce stade , les cellules cancéreuses ne sont pas accompagnées par un stroma. En pratique, les termes de carcinome in situ et de dysplasie sévère (ou de haut grade) sont souvent employés comme synonymes. 2.2.2. Localisations 2.2.3. Diagnostic *Les anomalies sont celles de cellules cancéreuses (cf chapitre 8) et sont difficiles à distinguer d'une dysplasie sévère ou de haut grade mais, en pratique, ceci n'a pas d'importance car l'attitude thérapeutique est identique qu'il s'agisse d'une dysplasie sévère ou d'un carcinome in situ. Le point important du diagnostic est ici, par définition, l'intégrité de la membrane basale et donc l'absence d'envahissement cancéreux du tissu conjonctif.
Condylome (fig9.10)
Carcinome in situ (fig9.09)
Carcinome épidermoïde microinvasif (fig9.08)
Schéma d'un carcinome micro invasif (fig9.13) NB : Un diagnostic de certitude repose sur l'étude histopathologique de la totalité de la lésion (pour être sûr que le carcinome est "in situ" dans toute la lésion), donc sur une pièce d'exérèse. Sur une biopsie, l'anatomo-pathologiste ne peut répondre que "aspect de CIS" (= CIS dans la limite de la biopsie examinée). Sur des prélèvements cytologiques, on peut suspecter l'existence de cellules cancéreuses mais on ne peut dire si le carcinome est in situ ou invasif. 2.2.4. Evolution On peut dépister un carcinome in situ et ceci est très important pour le pronostic : en effet, au stade de carcinome in situ, aucune métastase ne s'est constituée. Le traitement peut être local et limité, et conduire à la guérison. 3. PHASE LOCALE DU CANCER : L'INVASION 3.1. Aspects fondamentaux Les cellules tumorales envahissent le tissu conjonctif selon un processus actif et complexe, lié à l'acquisition de nouvelles propriétés biologiques par certaines cellules du clone tumoral. Le stroma du cancer (notamment l'angiogenèse indispensable dès que la masse tumorale dépasse 1 à 2 mm de diamètre) nécessaire à la croissance de la tumeur s'élabore lors de la phase d'invasion. Comme nous l'avons vu précédemment, la plupart des cancers épithéliaux (= carcinomes) passent par une phase de prolifération purement intra-épithéliale (carcinome in situ). Le franchissement de la membrane basale par les cellules carcinomateuses définit un carcinome invasif. Les cancers non épithéliaux sont d'emblée invasifs (à l’exception des mélanomes qui peuvent présenter une phase initiale intra-épidermique et des séminomes testiculaires qui font le plus souvent suite à une "néoplasie germinale intra-tubulaire") L'invasion tumorale fait intervenir plusieurs mécanismes : 1) Interaction des cellules cancéreuses avec les composants de la matrice extra-cellulaire (MEC) et notamment les membranes basales (MB). 2) Dégradation du tissu conjonctif (MEC et MB) 3) Mobilisation des cellules cancéreuses 4) Rôle de l’hypoxie et de la nécrose tumorale 3.1.1. Modulation de l'ancrage cellulaire à la MEC : les molécules d’adhésion La modulation d'expression des molécules d'adhésion et la diminution des jonctions intercellulaires entre les cellules tumorales participent à l'invasion tumorale. Rôle de la différenciation : la capacité des cellules tumorales à se dissocier dépend aussi de leur degré de différenciation ; une caractéristique morphologique de nombreuses tumeurs est la présence de cellules moins bien différenciées au niveau du front d’invasion. Cette dédifférenciation, réversible est probablement contrôlée par des interactions tumeur-microenvironnement péri-tumoral . → EN SAVOIR PLUS sur les intégrines 3.1.2. Dégradation de la MEC : rôle des protéases 3.1.3. Migration des cellules cancéreuses 3.2. Aspects pratiques / conséquences loco-régionales 3.2.1. Importance diagnostique, notion de carcinome micro-invasif Dans le tube digestif, il est possible d'individualiser un cancer "intra muqueux" : il s'agit d'un cancer envahissant le chorion muqueux sans franchissement de la musculaire muqueuse. Son pronostic est nettement plus favorable que celui des cancers ayant dépassé la musculaire-muqueuse et envahi les couches pariétales plus externes : risque métastatique faible (ou même nul dans le colon) C'est lors de la phase d'invasion que s'élabore le stroma du cancer. Le stroma fait partie de la masse tumorale et concourt à donner à la tumeur sa forme macroscopique et microscopique. Ainsi, de nombreux carcinomes ont un aspect blanchâtre, une consistance dure et rétractée, en raison d’un stroma fibreux riche en collagène. (Autres exemples) → EN SAVOIR PLUS sur le stroma L'invasion est un signe de malignité important, qui a souvent plus de valeur que les "atypies" morphologiques des cellules pour faire le diagnostic anatomo-pathologique de cancer : ce caractère invasif ne peut pas s'apprécier sur un examen cytologique (en dehors de signes indirects) mais seulement sur une biopsie ou une pièce opératoire. C'est à partir du moment où le cancer devient invasif que les cellules cancéreuses peuvent disséminer à distance pour former des métastases. 3.2.2. Invasion locale : voies préférentielles, notion de "degré d'infiltration" Un cancer invasif détruit les tissus normaux et utilise préférentiellement les voies de moindre résistance pour se propager : espaces conjonctifs lâches, espaces péri-nerveux, capillaires lymphatiques et sanguins, parois veineuses. Les cellules cancéreuses peuvent se disperser de façon isolée dans le tissu conjonctif, très à distance de la masse tumorale principale (ce qui justifie les exérèses larges des tumeurs malignes) et être à l'origine des récidives. Certains tissus conjonctifs résistent longtemps à l'envahissement : périoste, disques intervertébraux, cartilage épiphysaire ... La tumeur infiltrante peut se manifester cliniquement par différents mécanismes : 4. PHASE GENERALE DU CANCER : LA METASTASE 4.1. Définitions Après une phase locale, les métastases (du grec “métastasis” : déplacement) font toute la gravité de la maladie cancéreuse. Les métastases sont des foyers cancéreux secondaires, développés à distance de la tumeur primitive, et dont la croissance est autonome, indépendante de celle de la tumeur primitive. Le moment d'apparition des métastases dans l'histoire naturelle d'un cancer est variable: 4.2. Les différentes étapes de la dissémination métastatique Que ce soit par voie sanguine ou lymphatique, les cellules cancéreuses qui quittent le foyer tumoral initial doivent franchir des étapes successives : chaque étape représente un obstacle que seul un petit nombre de cellules cancéreuses ayant réussi à s’adapter à un nouvel environnement réussiront à franchir. Ces différentes étapes sont: 4.3. Mécanismes moléculaires impliqués dans ces différentes étapes 4.3.1. Le détachement cellulaire et l'invasion de la matrice extracellulaire
Invasion = dépassement de la lame basale (fig9.01) L'environnement joue un rôle majeur: stroma réaction et mise en place de l'angiogenèse, pré-requis indispensable à la progression tumorale. 4.3.2. Intravasation
Intravasation (fig9.02) 3.3.3. Survie dans la circulation Dans la circulation les cellules cancéreuse ne prolifèrent pas. Elles doivent résister à des agressions mécaniques: pression sanguine, élongation et friction dans les capillaires.
Survie des cellules tumorales dans la circulation (fig9.03) Elles ont tendance à s'agréger pour résister aux agressions (embols néoplasiques) (1). De plus, les cellules cancéreuses sont en contact avec les cellules circulantes du système immunitaire (Natural Killer, lymphocytes T cytotoxiques) qui lysent une grande partie d'entre elles (2). L'agrégation plaquettaire parfois induite au contact des cellules tumorales pourrait les protéger des agressions mécaniques, les isoler des cellules cytotoxiques et favoriser leur adhésion aux parois vasculaires (3). Des agrégats de cellules tumorales se bloquent dans les petits capillaires réalisant des microthromboses. Des microthromboses multiples peuvent entraîner des troubles de coagulation (coagulation intravasculaire disséminée). Ces agrégats peuvent aussi s'arrêter dans les ganglions lymphatiques en aval. 4.3.3. Extravasation
Fig9.04 4.3.4. Invasion d'un nouveau territoire : étape limitante → EN SAVOIR PLUS sur les modèles de métastases Comme au sein de la tumeur primitive, la stroma réaction et l'angiogénèse vont pouvoir jouer leur rôle. Des cellules tumorales pourront à leur tour s'échapper et former ailleurs de nouvelles métastases. 4.4. Mécanismes de sélections cellulaires Leur délai d'apparition est également très variable. Différents mécanismes sont proposés pour expliquer ces différences. 4.4.1. Mécanismes génétiques Gène suppresseur des métastases: 4.4.2. Mécanismes immunologiques Les mécanismes d'échappement de la réponse immunitaire anti-tumorale sont nombreux: 4.4.3. Autres mécanismes de sélection : pertes cellulaires 4.5. Les différentes voies de migration 4.5.1. L'extension lymphatique La métastase ganglionnaire se fait selon le drainage ganglionnaire normale de la région atteinte. (Exemple : pour le carcinome mammaire ganglions axillaires si quadrant supéro-externe, ganglion mammaire interne si quadrant interne. Le premier relais ganglionnaire du drainage lymphatique est appelé « ganglion sentinelle » ? Depuis quelques années, des protocoles de traitement des certaines tumeurs consistent à prélever le ganglion sentinelle, puis à ne faire de curage ganglionnaire que si celui ci est envahi par la tumeur. → EN SAVOIR PLUS sur les métastases ganglionnaires La poursuite, de proche en proche, de l’invasion des lymphatiques aboutit au déversement des cellules cancéreuses dans la circulation générale par le canal thoracique. Une étape intermédiaire fréquente est la présence d’un ganglion sus-claviculaire gauche (appelé ganglion de Troisier), dernier relais avant la circulation générale, et qui signe ainsi une diffusion prochaine à tout l’organisme du processus cancéreux. Les cancers les plus lymphophiles sont les carcinomes en particulier, les cancers du sein, de la thyroide, du col utérin, et les mélanomes. La lymphangite carcinomateuse est une dissémination abondante et diffuse de cellules malignes dans les capillaires lymphatiques d'un organe entier (souvent le poumon). On l'appelle carcinomateuse car ce mode d'extension concerne essentiellement les carcinomes en particulier mammaires. 4.5.2. L'extension hématogène Cette effraction est d'autant plus facile que les vaisseaux du stroma ont une paroi mince et qu'il existe, dans certaines tumeurs (sarcomes), des lacunes vasculaires bordées de cellules tumorales. La diffusion par voie sanguine est commune aux sarcomes, aux carcinomes et aux mélanomes. La répartition des métastases hématogènes n’est pas univoque. Elle dépend, au moins en partie, du mode de drainage veineux de l’organe atteint par la tumeur, et du premier filtre capillaire à travers lequel passe le sang en aval (théorie mécanique). Shématiquement on distingue 4 types de migration: Elle dépend également des affinités sélectives entre les cellules tumorales et certains tissus: Théorie graine-sol de Paget Certains organes qui ne sont pas des "filtres sur la circulation" comme le poumon et le foie sont pourtant souvent siège de métastases, par exemple les os, les ovaires… A l'inverse certains organes très vascularisés ne sont presque jamais sièges de métastases: muscle strié, rate, thyroïde... Ces affinités reposent au moins en partie sur les interactions de chimiokines et de leurs récepteurs. Les chimiokines sont des substances capables d'attirer les globules blancs sur le site d'une infection. Elles sont nombreuses et de répartition variable dans l'organisme. La liaison chimiokines/récepteurs des chimiokines induit des signaux intracellulaires entrainant l'adhésion des globules blancs aux cellules endothéliales, leur mobilité, leur activation… Plusieurs études suggèrent que les cellules cancéreuses expriment les récepteurs des chimiokines de manière non aléatoire et que ceux-ci sont impliqués dans la détermination de la destination de la dissémination métastatique.
Adressage des cellules tumorales (fig9.07) La connaissance de ces affinités permet de définir des bilans standards de recherche de métastase.
Aspect macroscopique des métastases hématogènes D’une façon générale, l’existence de masses tumorales multiples dans un organe est un argument macroscopique pour suspecter le diagnostic de métastases. Une masse tumorale unique évoque plutôt une tumeur primitive de l’organe atteint, mais peut aussi correspondre à une métastase unique. La probabilité de l’un ou l’autre diagnostic (métastase versus tumeur primitive) repose alors sur des notions d’incidence respective de ces tumeurs selon le siège, sur des données cliniques et des données d’imagerie (exemple : chez un adulte, les tumeurs primitives osseuses sont moins fréquentes que les métastases osseuses) ; le plus souvent c’est finalement l’examen anatomo-pathologique qui détermine la nature primitive ou secondaire d’une tumeur. Foie : atteinte par la voie portale (donc cancers gastro-intestinaux et pancréatiques) ou par l'artère hépatique : organes génito-urinaires, poumons, sein, ainsi que mélanomes et sarcomes de n'importe quel siège. Aspect : le plus souvent, nodules tumoraux multiples, blanchâtres, à centre nécrosé (les nodules sous-capsulaires apparaîtront ombiliqués), entraînant une hépatomégalie. Parfois, la métastase est unique simulant une tumeur hépatique primitive aux explorations radiologiques. A un stade terminal, le foie peut être entièrement tumoral. Poumons : à partir le plus souvent du sein, du tube digestif, des bronches, du rein, de la thyroïde, de sarcomes de tout siège... Aspect : le plus souvent, multiples nodules dans les 2 poumons (+ou- plèvre) : “lâcher de ballons”. Plus rarement, masse unique, intra-parenchymateuse pulmonaire ou péri-et intra-bronchique, simulant un cancer broncho-pulmonaire primitif Os : les métastases osseuses se développent à partir de l'envahissement des capillaires sanguins de la moelle hématopoïétique. Les tumeurs primitives le plus souvent en cause sont : sein, poumon-bronche, prostate, rein, thyroïde ; chez le jeune enfant : fréquence des métastases osseuses de neuroblastome (tumeur de blastème nerveux rétro-péritonéale, abdominale ou thoracique). Aspect : peuvent s’observer partout dans le squelette, souvent le rachis, et sont souvent multiples. Les métastases peuvent détruire l’os (métastase ostéolytique pouvant entraîner une fracture osseuse spontanée ou lors d‘un traumatisme minime), ou stimuler l'ostéogenèse (métastase ostéocondensante des adénocarcinomes de la prostate) ou associer les 2 processus Cerveau : les métastases cérébrales sont le plus souvent d'origine broncho-pulmonaire ou à partir d'un cancer du sein, du tube digestif ou d'un mélanome. Aspect : masse unique souvent à centre nécrosé ou multiples nodules dispersés. 4.5.3. L'essaimage direct par une cavité naturelle Implantation favorisée par la stase 4.6. Aspect microscopique des métastases Intérêt pratique : Identification du primitif devant des métastases révélatrices La présentation clinique correspond à une polyadénopathie, à un lâcher de ballon pulmonaire ou à un foie plurinodulaire, le plus souvent chez un sujet âgé. Une biopsie ou une exérèse ganglionnaire est réalisée pour typer le cancer. Il s'agit dans la plupart des cas d'une tumeur épithéliale maligne. Le plus souvent, la morphologie (massifs compacts kératinisants d'un carcinome épidermoide, glandes renfermant du mucus d'un adénocarcinome…) guide le bilan à la recherche de la tumeur primitive. On peut s'aider d'anticorps plus ou moins associés à certains tissus (PSA pour la prostate, TTF1 pour le poumon et la thyroide) pour préciser l'origine. Le bilan radiologique et biologique mené en parallèle retrouve la tumeur primitive dans la majorité des cas. Parfois, aucun primitif n'est retrouvé. Un bilan exhaustif est inutile. Il s'agit alors, à partir des prélèvements histologiques de la métastase, d'identifier les cancers pouvant bénéficier d'une thérapeutique efficace: lymphome, tumeurs germinales, cancers du sein ou de la prostate hormono-dépendants. Malheureusement pour les autres cas quelle que soit la thérapeutique le pronostic est très sombre. 5. EN SAVOIR PLUS 5.1. Les intégrines 5.1.1. Rôle des intégrines Chaque type de cellules malignes exprime un répertoire particulier d'intégrines. Les cellules cancéreuses douées de capacité d'invasion des tissus sains présentent souvent une modification de l'affinité des intégrines pour leurs ligands, par rapport à des cellules non cancéreuses ou à des cellules cancéreuses non invasives. La distribution des intégrines à la surface des cellules cancéreuses est liée à l'état de différenciation cellulaire : en position basale et baso-latérale dans des cellules polarisées différenciées, elles sont entièrement péri-cellulaires dans des cellules non polarisées ou indifférenciées. Sauf exception, l'appauvrissement en intégrines fonctionnelles à la surface des cellules cancéreuses s'accompagne d'une augmentation de la motilité cellulaire et d'un accroissement des propriétés invasives, alors qu'une forte expression d'intégrines tend à immobiliser les cellules cancéreuses. 5.1.2. Rôle de la molécule CD44 5.2. Stroma 5.3. Modèle de métastases Dans un modèle in vivo, on a pu suivre des cellules tumorales injectées dans la veine mésentérique de souris:
Survie et prolifération dans un nouveau tissu (fig9.05) Les cellules cancéreuses doivent survivre dans un milieu hostile. Un écosystème favorable est indispensable à leur survie et à leur prolifération: 5.4. Métastase ganglionnaire
Métastase ganglionnaire (fig9.06a)
Métastase ganglionnaire (Fig9.06b)
Métastase ganglionnaire (Fig9.06c) Les cellules cancéreuses arrivent dans un ganglion satellite par les canalicules lymphatiques (1). Elles peuvent entraîner une réaction inflammatoire et y être détruites : la migration dans les ganglions de drainage d'antigènes ou de débris tumoraux peut induire dans le ganglion plusieurs réactions inflammatoires : hyperplasie lymphoïde folliculaire (cellules B) ou paracorticale (cellules T), prolifération histiocytaire dans les sinus (histiocytose sinusale), réaction tuberculoïde. La présence d'un gros ganglion lymphatique dans la zone de drainage d'un cancer n'est donc pas synonyme d'une métastase ganglionnaire. Elles peuvent aussi rester latentes.(cas 2) ou parfois, traverser le ganglion et aller vers les ganglions suivants (cas 3). Le plus souvent, les cellules cancéreuses envahissent le ganglion en s’y multipliant (cas 4). Elles envahissent la capsule ganglionnaire fixant le ganglion au tissu voisin [cas 5]. Puis, elles donnent une lymphangite néoplasique en aval et peuvent coloniser un autre ganglion [cas 6] ou parfois en amont [cas 7], pouvant ainsi provoquer des œdèmes de compression importants.
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