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Tumeurs épithéliales (Chapitre 10)
Auteurs : F. Penault-Llorca, D Hénin, M Devouassoux-Shishe Boran - Mai 2005


Objectifs
Connaître les principales tumeurs épithéliales bénignes ou malignes et les principes gnéraux de leur diagnostic.



Pré requis
Cours d’histologie, connaissance des chapitres 8, 9 et 10 du polycopié de DCEM1 d’anatomie pathologique ( Généralités sur les tumeurs, la cellule cancéreuse et le tissu cancéreux, histoire naturelle du cancer).




1. INTRODUCTION

Les tumeurs épithéliales ou carcinomes, sont des cancers épithéliaux, autrefois appelés en France épithéliomas. Les carcinomes sont développés à partir des épithéliums de revêtement (épiderme et muqueuses) ou des organes pleins (parenchymes). Ces épithéliums peuvent être de trois types : épidermoide, glandulaire et paramalpighien (ou urothélial). Nous traiterons à part le chapitre des tumeurs glandulaires à différenciation endocrine en raison des problèmes nosologiques qui leur sont propres.


2. TUMEURS A DIFFERENCIATION MALPIGHIENNE

Les tumeurs malpighiennes, bénignes et malignes, se développent surtout à partir des épithéliums malpighiens.


épithélium malpighien normal
(Fig10.04)

Elles sont très fréquentes. Elles peuvent siéger :
  • sur les épithéliums malpighiens :
  • cutané : épiderme
  • muqueux : muqueuses malpighiennes
  • du tube digestif: cavité buccale, pharynx, oesophage, canal anal
  • de l'appareil génital
  • sur les muqueuses paramalpighiennes ou urothéliales: voies excrétrices du rein, vessie, urètre.
  • sur des épithéliums glandulaires. Elles constituent alors des carcinomes métaplasiques (qui ressemblent histologiquement à un épithélium différent de leur épithélium d'origine). La forme la plus fréquente est celle qui survient dans les bronches (cancer du poumon) et sur le larynx. Exceptionnellement, d’autres muqueuses glandulaires (voies biliaires, muqueuses digestives) ou parenchymes glandulaires pleins (isolément ou en association avec un carcinome glandulaire) peuvent être atteints.


  • 2.1. Tumeurs bénignes

    Il s’agit des papillomes pour les muqueuses malpighiennes et urothéliales et des condylomes pour les muqueuses.

    2.1.1. Papillome

    Le papillome est macroscopiquement une tumeur végétante, exophytique, souvent framboisé sur les muqueuses, en saillie sur le plan du revêtement malpighien qui lui donne naissance. Le papillome est une tumeur cutanée (verrue vulgaire) ou muqueuse. Il est fréquemment d'origine virale, lié à un virus du groupe HPV (Human Papilloma Virus).


    Papillome (1)
    (Fig10.02)


    Papillome(2)
    (Fig10.03)

    Histopathologiquement trois critères sont requis pour son diagnostic :
  • L'hyperpapillomatose : les crètes épidermiques sont allongées, la couche basale de l’épithélium est très sinueuse.
  • L'hyperacanthose : l’épiderme est épaissi au niveau de la couche des cellules épineuses (corps muqueux de Malpighi)
  • L'hyperkératose : la couche de kératine est épaissie. On dira hyperkératose orthokératosique en cas de squames anucléées et parakératosique si les squames ont conservé des noyaux pycnotiques (parakératose).
  • Il s’agit d’une tumeur bénigne : l’architecture générale de l’épithélium est préservée, l’intégrité de la membrane basale est partout respectée, il n’y a pas d’atypies cytonucléaires franches, mais les mitoses sont plus nombreuses que normalement.. La différenciation malpighienne et la maturation kératosique restent normales ou voisines de la normale dans toute l'épaisseur de la prolifération épithéliale.

    2.1.2. Condylome

    Le condylome siège sur les muqueuses et est également lié au virus HPV. Le mode de transmission est ici sexuel. Il se développe principalement au niveau de l’exocol utérin, du vagin, de la vulve et de la zone ano-rectale, plus rarement au niveau pharyngo- laryngé (mode de contamination possible chez le nouveau né lors du passage de la filière génitale). Macroscopiquement, les condylomes peuvent être acuminés (en chou-fleur ou en crête de coq), ou plans. Microscopiquement : à la prolifération épithéliale malphigienne plus ou moins intense, peut s'associer à une augmentation de volume du tissu conjonctif sous-jacent (qui peut être plus importante que la prolifération épithéliale).


    Condylome
    (Fig10.08)

    EN SAVOIR PLUS sur les papillomes



    2.2. Carcinome des revêtements malpighiens (peau et muqueuses)

    Hormis le carcinome basocellulaire qui est limité au revêtement cutané, tous les autres sont des carcinomes épidermoïdes et ils partagent tous le même aspect histopathologique :
  • la présence de signes architecturaux et cytologiques classiques de malignité
  • une différenciation variable:
  • carcinomes épidermoides bien ou moyennement différenciés : la différenciation épidermoide est reconnue par la présence de ponts d'union entre les cellules
  • carcinomes indifférenciés : peuvent exister dans toutes les localisations et poser des problèmes de classement histologique nécessitant parfois une étude immunohistochimique
  • une maturation variable (présence et qualité de la kératine). Le carcinome épidermoïde est alors appelé « mature » ou « kératinisant ».
  • Certains carcinomes épidermoïdes sont de type métaplasique : ils sont d'un type histologique différent de celui de l'épithélium au niveau duquel ils ont pris naissance.
    Le plus fréquent est le carcinome bronchique, qui est habituellement épidermoïde, alors que la muqueuse bronchique normale est glandulaire.


    2.2.1. Carcinomes cutanés

    Il s’agit de tumeurs très fréquentes. Elle sont de diagnostic précoce (lésions visibles, prélèvements faciles). On distingue deux grands types très différents sur le plan clinique et histologique : les carcinomes épidermoïdes (anciennement dénommés spino-cellulaires) et les carcinomes basocellulaires qui sont limités à la peau.

  • Facteurs de risque : exposition prolongée au soleil, touche surtout les adultes de race blanche, principalement dans les régions découvertes, exposées au soleil (visage, oreilles, nuque, dos des mains).
  • Lésions précancéreuses : kératose solaire (ou sénile), radiodermite, cicatrice de brûlure, ulcères cutanés chroniques (les trois derniers pour le carcinome épidermoïde uniquement).
  • Prédisposition génétique : xeroderma pigmentosum


  • 2.2.1.1. Carcinomes épidermoïdes

  • macroscopie : le plus souvent tumeur ulcéro-végétante, parfois tumeur végétante
  • histopathologie : Le carcinome malpighien (ou épidermoïde) reproduit plus ou moins parfaitement la structure d'un épithélium malpighien kératinisé. Il peut exister des signes de maturation, avec production de kératine, souvent de façon anormale (globes cornés, cellules tumorales kératinisées isolées) : le carcinome est dit mature ou kératinisant. La tumeur peut être plus ou moins bien différenciée. Lorsqu’elle ne produit pas de kératine elle est dite immature ou non kératinisante.
  • évolution : l’extension tumorale est surtout locale, avec envahissement métastases ganglionnaires tardives. Les métastases viscérales sont exceptionnelles.


  • 2.2.1.2. Carcinomes basocellulaires

  • Présentation clinique : personnes plus âgées que le carcinome spino cellulaire, localisation principalement sur le visage.
  • macroscopie : le plus souvent forme ulcérée, entourée de surélévations (perle), plus rarement forme plane "cicatricielle".
  • histopathologie : les cellules ressemblant aux cellules basales de l'épiderme, sont rangées en travées. Classiquement, pas de de différenciation épidermoide; ni de maturation, mais parfois différenciation "annexielle": pilaire, sébacée ou sudorale.
  • évolution : elle est purement locale, et lente. Le carcinome baso cellulaire ne donne jamais de métastases, par contre il peut avoir une extension locale très importante et donner des ulcérations étendues (porte d’entrée de germes) et des hémorragies



  • 2.2.2. Carcinomes malpighiens des muqueuses

    L’aspect histopathologique est identique à celui des carcinomes spinocellulaires, avec des degrés de différenciation et de maturation variables. Les facteurs de risques et l’aspect macroscopique varient selon les organes touchés :


    2.2.2.1. Voies aéro-digestives supérieures

  • facteurs de risques : tabac, alcool et surtout association des deux, mauvais état dentaire, existence de lésions précancéreuses (leucoplasie, dysplasie)
  • macroscopie : tumeurs végétantes et infiltrantes fréquemment associées à de la dysplasie, souvent plurifocales.
  • Evolution : métastases ganglionnaire puis viscérales. Association fréquente à un carcinome épidermoïde bronchique.


  • 2.2.2.2. Bronches

    Il s’agit d’un carcinome métaplasique : il survient sur un épithélium de type glandulaire, pseudo stratifié ayant subi une métaplasie malpighienne.
  • facteur de risque : tabac
  • macroscopie : aspect surtout végétant dans les grosses bronches, avec destruction du parenchyme pulmonaire et nécrose. Parfois la nécrose est telle qu’il peut y avoir un aspect excavé (diagnostic différentiel avec la tuberculose).
  • Evolution : souvent découvert à un stade avancé, inopérable d’emblée. Evolution métastatique vers les ganglions, le foie, les os, la glande surrénale, le cerveau, le reste du parenchyme pulmonaire, mauvais pronostic


  • 2.2.2.3. Col utérin

  • Facteurs de risque : infection HPV, tabac
  • Macroscopie : ulcéro-infiltrants et végétants le plus souvent, parfois aspect hypertrophique du col utérin
  • Evolution : métastases ganglionnaires, métastases à distance


  • 2.2.2.4. Œsophage

  • Facteurs de risque : alcool
  • Macroscopie : ulcéro-infiltrants le plus souvent, fortement nécrotiques, rarement bourgeonnants
  • Evolution : métastases ganglionnaire, extension locale, mauvais pronostic 


  • 3. TUMEURS A DIFFERENCIATION GLANDULAIRE

    Ce sont les tumeurs les plus fréquentes ; elles sont bénignes ou malignes. Leurs aspects macroscopiques et histologiques varient selon le type d'organe qu'elles touchent. Cependant, les tumeurs bénignes ou adénomes ont en commun d'être constituées, en général, de formations très différenciées proches du tissu normal. Les tumeurs à différenciation glandulaire intéressent les organes creux, les parenchymes glandulaires exocrines et endocrines (qui seront traitées dans le chapitre 4).
    Pour les tumeurs malignes ou adénocarcinomes, la différenciation est variable, comme pour les carcinomes malpighiens, par contre on ne parle pas de maturation (ne s’applique qu’à la formation de kératine).
    Un adénocarcinome est
  • différencié ou typique quand la prolifération rappelle le tissu d'origine : architecture glandulaire persistante bien que pathologique, aspect sécrétoire
  • indifférenciées ou atypique quand les caractères glandulaires sont moins nets ou absents. Dans ce cas, des caractères de différenciation peuvent être mis en évidence par : des colorations histochimiques (présence de mucus), et des techniques immunohistochimiques (antigène prostatique spécifique (PSA) dans les cancers de la prostate, récepteurs hormonaux pour un cancer du sein, TTF1 pour un cancer bronchique, les profils de cytokératine pour les tumeurs digestives, ovariennes …). Autrefois, la microscopie électronique apportait beaucoup d’informations, elle est aujourd’hui dans cette indication supplantée par l’immunohistochimie.
  • métaplasique, quand la prolifération présente des caractères habituellement rencontrés dans des tumeurs d'autre origine: adénocarcinome lieberkühnien, c'est-à-dire de type colique, développé dans l'estomac.
  • Nous prendrons dans les différentes catégories d’adénocarcinomes, des exemples particuliers, afin d’illustrer des cadres pathologiques différents.

    3.1. Tumeurs des organes creux

    Ce sont les tumeurs des revêtements muqueux glandulaires,
  • des muqueuses digestives, estomac, colon et rectum (voir Fig10.05 ci dessous), beaucoup plus rarement grêle


  • glandes coliques normales
    (fig10.05)

  • des muqueuses utérines, endomètre, plus rarement endocol
  • des voies biliaires et pancréatiques
  • des bronches,...


  • 3.1.1. Aspect macroscopique commun

  • Les tumeurs bénignes ont l'aspect de polypes, sessiles ou pédiculés, en saillie sur la muqueuse.
  • Les tumeurs malignes ou adénocarcinomes prennent trois aspects principaux, bourgeonnant, ulcéré et infiltrant, le plus souvent associés.
  • La forme débutante est souvent purement bourgeonnante .
  • Les tumeurs plus volumineuses associent une ulcération centrale, une zone bourgeonnante périphérique, une infiltration pariétale sous-jacente.
  • Certaines tumeurs sont purement infiltrantes, comme la linite gastrique.
  • D'autres ont, en coupe, une consistance gélatineuse, rappelant la colle, due à une abondante sécrétion de mucus. On les appelle carcinome colloïde muqueux ou carcinome mucineux.

  • 3.1.2. Tumeurs colorectales


    Facteurs de risquesAlimentation riche en graisses animales et pauvre en fibres, maladie inflammatoire chronique du tube digestif, prédisposition génétique : syndrome APC, polypose rectocolique familiale ..

    Adénomes : il en existe trois types
  • Adénomes tubuleuxIls s'observent le plus souvent sur le rectosigmoïde avec une fréquence maximale entre 50 et 60 ans. Ils réalisent un polype : formation en saillie sur la muqueuse, arrondie ou polylobée, de 2 à 10 mm de diamètre, sessile ou pédiculée, le pédicule pouvant être très long (5 cm et plus). Ils sont constitués de glandes coliques (glandes de Lieberkühn). Il peut exister une dédifférenciation marquée.
  • Adénomes villeuxPlus rares, elles forment des masses sessiles ou polypoïdes, molles, recouvertes de mucus, et constituées de fines digitations. Les tumeurs villeuses peuvent présenter des aspects dédifférenciés; les récidives après exérèse sont très fréquentes.
  • Adénomes tubulo-villeux : associent les deux aspect précédents.

  • Dans tous les adénomes, quelle que soit leur structure, il existe des modifications cellulaires et architecturales qui permettent de les classer comme des lésions précancéreuses ou dysplasies.

    AdénocarcinomesL'adénocarcinome du colon et du rectum est un cancer très fréquent (la seconde cause de décès par cancer), observé à un âge moyen de 60 à 65 ans; il siège le plus souvent (66%) sur le rectosigmoïde, plus rarement sur le colon gauche, le caecum ou le transverse. Il se traduit cliniquement par des troubles du transit et des hémorragies.
  • Macroscopie : le plus souvent ulcérée à sa partie centrale, avec un bourgeonnement plus ou moins marqué en périphérie et une infiltration pariétale qui s'étend vers la séreuse; rarement végétante (caecum) ; peût être circonférentielle.
  • Microscopie : c'est une prolifération généralement bien différenciée, de strcture glandulaire appelée adénocarcinome lieberkühnien (Voir Fig10.07 ci dessous).Il existe parfois une mucosécrétion très abondante, dissociant les formations carcinomateuses et le stroma ; carcinome colloïde muqueux ou carcinome mucineux. Parfois les cellules tumorales sont isolées (cellules en bague à chaton).


  • adénocarcinome
    (Fig10.07)
  • Evolution - Stadification : L'extension se fait vers la séreuse, avec souvent une invasion des lymphatiques. Les métastases les plus fréquentes sont ganglionnaires et hépatiques .Le stade TNM est basé sur l'extension en profondeur et l'atteinte métastatique
  • Relations adénome-cancerDans le colon il existe une véritable filiation entre tumeur bénigne (adénome) et tumeur maligne (adénocarcinome) dans le côlon. Dix à quinze pour cent des adénomes (10 à 15%) sont susceptibles de cancérisation. Ainsi, la grande majorité des adénocarcinomes coliques dérive d'un polype adénomateux. L'évolution vers la malignité d'une tumeur bénigne est donc fréquente dans la muqueuse colique, ce qui ne permet pas de conserver l'opposition absolue entre tumeurs bénignes et tumeurs malignes (chapitre 7): il s’agit seulement de tumeurs présentant des grades différents d'évolutivité.


    3.2. Tumeurs des parenchymes exocrines

    Ce sont des tumeurs développées dans des organes pleins :
  • glandes annexes du tube digestif: foie, pancréas, glandes salivaires
  • seins, glandes sudorales
  • ovaires, prostate, reins,...
  • A noter que le foie, le pancréas, les ovaires sont également le siège de tumeurs de leur contingent endocrine (traitées plus loin).


    schéma de la différentiation d’un adénocarcinome
    (Fig10.01)

    Nous développerons l’exemple des tumeurs mammaires

    3.2.1. Aspect macroscopique commun

  • Les tumeurs bénignes forment une masse unique, régulièrement arrondie, encapsulée. Cette masse est généralement homogène, de même consistance et de même coloration que le tissu normal voisin qu'elle repousse et déforme. Elles peuvent être kystiques (cystadénome).
  • Les tumeurs malignes sont uniques ou multiples, de forme irrégulière, mal limitées, envoyant des prolongements dans le tissu sain (étoilée), dure. Elles peuvent être nodulaires, unique ou multiples. Il existe des remaniements nécrotiques (pouvant réaliser des pseudo-kystes) et hémorragiques. La consistance est généralement ferme, sauf en cas de nécrose. Elles peuvent être kystiques (cystadénocarcinome), principalement au niveau de l’ovaire.Une forme particulière : le squirrhe qui est particulier par sa dureté et son caractère rétractile, dus à l'existence d'un stroma fibreux abondant.

  • 3.2.2. Tumeurs mammaires

    Tumeurs bénignes : adénofibromes
    Au niveau de la glande mammaire, la prolifération adénomateuse est associée à un développement du tissu conjonctif réalisant une tumeur à double composante glandulaire et conjonctive. On retrouve également cela dans la glande prostatique
  • Présentation clinique : Les adénofibromes surviennent chez la femme jeune. Il s’agit de tumeurs arrondies, ferme et mobiles
  • Macroscopiquement, ils forment un nodule rond, dur, encapsulé.
  • Microscopiquement, c'est une prolifération des galactophores: canaux à double assise cellulaire cylindrique interne et myoépithéliale externe. Les canaux sont refoulés en fentes étirées par la prolifération du tissu conjonctif.
  • Pronostic : ils ne récidivent pas si l’exérèse a été complète,
  • Tumeurs malignes : carcinomes
    Une femme sur 10 sera touchée d’un cancer du sein pendant sa vie.
  • Facteurs de risque :
  • le sexe féminin, avec une augmentation du risque avec l’âge,
  • une importante exposition aux œstrogènes (intervalle long entre la puberté et la ménopause),
  • âge élevé à la première grossesse,
  • obésité, régime riche en graisses,
  • histoire familiale de cancer de sein, altération des gènes de prédisposition au cancer du sein : BRCA1 et BRCA2
  • facteur géographique,
  • présence, dans les biopsies antérieures, d’hyperplasie canalaire atypique ou d’autres pathologies de type prolifératif.
  • Présentation clinique : Ils surviennent avec un maximum de fréquence chez la femme après 50 ans, parfois chez la femme avant 35 ans. La localisation la plus fréquente est le quadrant supéro-externe puis la région rétro-mamelonnaire. La tumeur est soit de découverte clinique : masse palpable, dure et fixée de la glande mammaire, ou plus souvent depuis la généralisation du dépistage, de découverte mammographique (radiographie de la glande mammaire), sur des microcalcifications.
  • Macroscopiquement, il s’agit le plus souvent d’une tumeur stellaire, adhérente (rétraction du mamelon quand il est proche).
  • Microscopiquement, la prolifération carcinomateuse est plus ou moins bien différenciée. Il faudra rechercher la présence d’emboles vasculaires ou lymphatiques. La prolifération carcinomateuse peut rester limitée aux canaux. On parle alors de carcinome in situ.
  • Pronostic : le pathologiste intervient en évaluant le grade histopronostique de Scarff, Bloom et Richardson qui prend en compte le degré de différenciation glandulaire, l'importance des anomalies cytonucléaires et le nombre de mitoses. Il donne également -un indice d'extension qui est le T.N.M. clinique (taille de la tumeur, nombre et siège des adénopathies métastatiques, métastases à distance).
  • Evolution : extension tumorale
  • localement par invasion des structures voisines (peau, mamelon, muscle pectoral) et par dissémination ganglionnaire axillaire, fréquente et conditionnant le pronostic
  • à distance par diffusion métastatique au poumon, à la plèvre, à l'os.
  • Relation adénofibrome canceril n’y a pas de filiation directe. Les lésions précancéreuses du sein sont de type hyperplasies-dysplasies épithéliales.


    4. TUMEURS A DIFFERENCIATION PARAMALPIGHIENNE OU UROTHELIALE

    Les tumeurs urothéliales se développent à partir des épithéliums transitionnels (ou urothéliums), revêtant les voies excréto-urinaires : bassinet, uretères et vessie, où elles sont le plus fréquentes.


    4.1. Tumeurs bénignes exceptionnelles

    La seule tumeur urothéliale bénigne est extrèmement rare.. Il s’agit du papillome inversé à cellules transitionnelles de Mostofi. Dans les muqueuses urothéliales, la classification des tumeurs épithéliales papillaires ne sépare pas les tumeurs bénignes des tumeurs malignes. Tous les intermédiaires existent entre des papillomes, guéris par exérèse, et des carcinomes, infiltrants et donnant des métastases. Les classifications, à visée pronostique, tiennent compte des aspects macroscopiques (lésion plane ou papillaire) et microscopiques (anomalies cytonucléaires, infiltration en profondeur).


    4.2. Tumeurs urothéliales papillaires

    Ce sont les plus fréquentes des tumeurs de vessie : 6 nouveaux cas par an en France pour 100.000 habitants. Elles surviennent de préférence chez l'homme après 40 ans
  • Facteurs de risque : le tabac, l'exposition professionnelle à certains colorants (aniline).
  • Présentation clinique : l'hématurie et les troubles mictionnels (pollakiurie, brûlures mictionnelles).
  • Macroscopiquement : exophytiques et papillaires.
  • Microscopiquement : Les papilles présentent un axe conjonctivo-vasculaire étroit et ramifié, revêtu d'un épithélium transitionnel comprenant plus de 7 couches de cellules.
  • Evolution : très difficile à prévoir; il peut s'agir d'une tumeur bénigne isolée, d'une tumeur récidivant au fil des années et nécessitant des exérèses itératives, ou enfin d'un carcinome d'évolution rapidement sévère.
  • Paramètres histopathologiques pronostiques :
  • le stade selon le niveau d'extension dans la paroi vésicale
  • le grade selon le degré de différenciation microscopique (anomalies architecturales, atypies nucléaires, mitoses).
  • Une tumeur est dite superficielle tant qu’elle n’infiltre pas le muscle. Son évolution est évolution fréquente vers un carcinome invasif : extension régionale dans le pelvis, métastases ganglionnaires, plus rarement viscérales.


    4.3. Cas particulier: le carcinome in situ

    Ce terme est réservé à une lésion plane (non papillomateuse), de haut grade cytologique, intraépithéliale (stade pTis). Le plus souvent, le CIS est associé à d'autres lésions urothéliales tumorales ; c'est alors un facteur péjoratif pour le pronostic de ces tumeurs. Il n’est pas visible en cystoscopie et son dépistage se fait grâce à la cytologie urinaire.


    5. TUMEURS A DIFFERENCIATION NEURO-ENDOCRINE

    Elles sont développées soit :
  • à partir de glandes endocrines individualisées : hypophyse, thyroïde, parathyroïdes, surrénales, pancréas, gonades,
  • soit à partir du système endocrinien diffus, dans de multiples localisations: essentiellement tube digestif et bronches plus rarement thymus, voies biliaires, foie, cellules C de la thyroïde, ovaire, col utérin et peau.
  • Ces cellules neuro-endocrines ont plusieurs origines (crête neurale, tube neural, ectoblaste) expliquant leur dispersion dans l'organisme. Elles peuvent être multiples, dans un même tissu ou dans plusieurs organes dans le cadre d’un syndrome des néoplasies endocriniennes multiples (NEM) .


    5.1. Caractères communs

    La présence de grains neurosécrétoires intracytoplasmiques, de nature neuropeptidique et polypeptidique est mise en évidence par
  • colorations argentiques : Grimélius
  • immunohistochimie : chromogranine, synaptophysine, NSE (peu spécifique) définissant le caractère neuroendocrine. La recherche de sécrétions spécifiques peut être effectuée : gastrine, insuline, VIP…
  • microscopie électronique : présence de grains denses intra-cytoplasmiques entourés d'un halo clair (tombée en désuétude).


  • 5.2. Tumeurs endocrines bien différenciées

    Ce sont les plus fréquentes. Elles posent des problèmes pour le diagnostic de malignité ;
  • Aspect macroscopique : masse arrondie, unique ou multiple, encapsulée, de coloration jaune ou beige.
  • Aspect microscopique : Elles sont constituées de travées ou de vésicules (thyroïde), séparées les unes des autres par un riche réseau capillaire (caractéristique : architecture carcinoïde). Les cellules sont le plus souvent régulières : les anomalies cytonucléaires n'ont généralement aucune signification.
  • Différenciation morphologique et fonctionnelle : elles sécrètent le plus souvent des hormones normales, responsables d'un syndrome clinique caractéristique.
  • Distinction entre tumeur bénigne et tumeur maligne : très difficile car ce sont des proliférations le plus souvent très différenciées, et seule l'existence de signes d’invasion du tissu adjacent (franchissement de la capsule pour les carcinomes vésiculaires de la thyroïde) ou de métastases permettent d'affirmer leur malignité.
  • Distinction entre tumeur bénigne et hyperplasie : souvent difficile. Une hyperplasie se développe après un déséquilibre hormonal. Il est possible d'observer la transformation d'une hyperplasie réactionnelle en hyperplasie autonome, indépendante de sa cause, donc tumorale (parathyroïde).


  • 5.3. Tumeurs endocrines morphologiquement malignes

    Les tumeurs endocrines morphologiquement malignes sont plus rares. On peut citer dans ce groupe le corticosurrénalome malin, le carcinome papillaire de la thyroïde et le carcinome à petites cellules.
  • Diagnostic : microscopiquement les cellules présentent des caractères indiquant la malignité dans la localisation donnée : noyaux incisurés et dépolis du carcinome papillaire de la thyroïde), cellules immatures (carcinomes à petites cellules), anisocaryose et monstruosités cellulaires (phéochromocytome) .
  • Exemple du carcinome à petites cellules. Il s’agit  d’une tumeur de haut degré de malignité dont la localisation la plus fréquente est broncho-pulmonaire (ovaire, col utérin, larynx, tube digestif ….). Elle est d’évolution très rapide, s'accompagne précocement de métastases (ganglions médiastinaux, foie, cerveau, moelle osseuse) rendant la chirurgie inutile. Cette tumeur est initialement très chimiosensible.

  • EN SAVOIR PLUS sur les tumeurs endocrines
     

    6. EN SAVOIR PLUS


    6.1. Papillomes


  • les papillomes et les condylomes sont parfois multiples : papillomatose (laryngée, fosses nasales), condylomatose (génitale)
  • Evolution : la plupart de ces tumeurs sont bénignes et ne récidivent pas après éxérèse. Certaines cependant constituent des états précancéreux et peuvent évoluer vers un carcinome épidermoide (avec une phase de carcinome in situ préalable) :
  • condylomes plans génitaux
  • certaines papillomatoses des voies aériennes supérieures


  • 6.2. Tumeurs endocrines


    Les tumeurs endocrines peuvent avoir des sécrétions hormonales ectopiques (calcitonine, ACTH, sérotonine, MSH...) à l'origine de manifestations cliniques (syndromes paranéoplasiques). Le syndrome de Schwartz-Bartter, souvent associé au carcinome bronchique à petites cellules, est lié à l'hypersécrétion d'hormone antidiurétique.Des tumeurs non endocrines sont aussi capables de produire des hormones. Ainsi le carcinome épidermoïde bronchique produit fréquemment une substance proche de la parathormone, responsable d'une hypercalcémie.

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